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Alors que la privatisation des autoroutes a abouti à des hausses de tarifs pour les usagers et à des rentes de situation exorbitantes pour les concessionnaires, le gouvernement semble encore une fois céder devant les intérêts privés. Avec la loi PACTE il s’apprête à se séparer d’Aéroports de Paris, d’Engie et de la Française des jeux, qui lui rapportent pourtant quelques 800 millions d’euros par an.

En période de disette budgétaire et de dégradation continue de la qualité des services publics, peut-on vraiment se passer de cette rentrée d’argent ? Ne risque-t-elle pas d’être compensée par un nouvel effort fiscal ?

Parmi ces privatisations, c’est surtout celui d’Aéroports de Paris (ADP) est de loin le plus préoccupant. Il s’agit d’une infrastructure stratégique, présentant des enjeux de souveraineté, de sécurité, d’aménagement du territoire et environnementaux. Faut-il le rappeler ? Les aéroports du Bourget, de Roissy et d’Orly forment une frontière stratégique pour notre pays. Avec 101,5 millions de voyageurs en 2017 – en hausse continue – ils représentent même la principale frontière du pays ! Le caractère sensible de ce type d’infrastructures explique d’ailleurs que 86 % des aéroports dans le monde soient publics.

Aéroports de Paris n’est pas une entreprise en difficulté. Au contraire, première société aéroportuaire au monde, son chiffre d’affaires a progressé de manière très substantielle en 2017 (+22%). Elle verse entre 100 et 200 millions de dividendes à l’État chaque année et sa valeur ne cesse de progresser. ADP, c’est aussi un patrimoine foncier gigantesque aux portes de Paris dont bénéficiera le privé.