Le 6 décembre dernier, l’extrême droite arrivait en tête dans six régions et au plan national, lors du premier tour des élections régionales. Une semaine plus tard, le Front national (FN) ne remporte finalement aucun exécutif régional. La droite gagne 7 des 13 régions métropolitaines et obtient 40,24 % des voix au niveau national, la gauche 5 régions et 32,12 % des voix, et le FN 27,10 %. EnCorse, les nationalistes s’imposent. La participation a atteint 58,53 %, contre 49 % au premier tour. Ce taux est aussi supérieur de 10 points à la participation lors du deuxième tour des régionales de 2010 (43,47 %), et de 6 points par rapport celui du précédent scrutin, en 2004 (51,24 %).

Nous ne pouvons nous satisfaire de ces résultats…
La gauche résiste et sur le terrain, dans 5 régions, des politiques publiques de solidarité continueront d’être menées. Devant les enjeux qui attendent notre pays le rassemblement des forces de gauche est plus que nécessaire sur une base claire : loin des arrangements de façade et de bouts de table, de quelle manière pouvons-nous nous dépasser et reconstruire ensemble?

Le parti politique qui structure les haines et les peurs augmente considérablement le nombre de ses élus, mais pas une région n’est tombée dans l’escarcelle du FN. Il faut saluer ce sursaut civique que le parti socialiste a inspiré. Nous avons fait barrage au FN, mais il va falloir donner des suites au sacrifice de nos camarades du Nord et du sud, qui sont des terres populaires, depuis lesquelles le socialisme s’est construit. Je pense ce matin à Gaston Defferre, à Pierre Mauroy, à l’histoire des gauches et des luttes dans ces territoires…

Alors agir contre la précarité et pour l’activité oui, mais aussi ne rien lâcher sur nos valeurs pour dire que la peur pour son propre avenir ne justifie pas la peur et la haine de l’autre, le repli. Et franchement en la matière, nous avons un peu trop regardé les trains passer : plus question de laisser dire que ceux qui ne nous parlent que d’identité menacée « ne sont pas tant dans le faux que ça ». Au Portugal ou en Grèce, malgré la crise, l’extrême-droite ne triomphe pas. Il va donc falloir nous battre pour que notre pays, avec son histoire et ses accidents de parcours, ne sombre pas à nouveau, d’autant que la droite joue un jeu dangereux…

Dans mon département, la Seine-Saint-Denis, le désintérêt structurel pour le vote et donc pour la politique doit nous interroger tant sur le fond que sur la forme (ligne politique et représentativité vis-à-vis des quartiers populaires). Nous avons perdu la région Ile-de-France. J’ai ce matin une pensée toute particulière pour Jean-Paul Huchon et de nombreux conseillers régionaux de la précédente mandature avec qui j’ai partagé des moments politiques importants à la Région. Je salue aussi Claude Bartolone qui n’a pas démérité face une droite agressive et flirtant avec le Front National.

Protéger les plus faibles et donner des perspectives, voilà ce qui doit nous mobiliser. Nous ne pouvons plus courir le risque de l’amnésie et de la stratégie de la poussière sous le tapis. Des débats légitimes doivent s’ouvrir.

La République est exigeante, elle réclame une classe politique à son niveau.